Se protéger

Qu’est-ce que la PrEP ?

La prophylaxie pré-exposition consiste, pour une personne séronégative, à prévenir le risque d’infection par le VIH en prenant un traitement anti-rétroviral.

Le médicament actuellement utilisé est le Truvada®, un comprimé qui regroupe deux molécules utilisées depuis plusieurs années, pour traiter les personnes porteuses du VIH. Il est aussi utilisé comme traitement post-exposition, associé à d'autres molécules.

La PrEP peut-être prise de deux façons :

  • En continu, c’est à dire un comprimé par jour, tous les jours (à heure fixe)

  • À la demande, c’est à dire uniquement autour des rapports sexuels en suivant un schéma comprenant 3 prises de comprimés sur 3 jours (minimum).

Pour télécharger les schémas, cliquez-ici.

La PrEP est un outil de prévention complémentaire au préservatif et autres stratégies de prévention, très efficace, destiné aux personnes les plus exposées au risque d’infection par le VIH.

Mais, attention, la PrEP ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles !

Comment la PrEP est-elle dispensée ?

S’agissant d’un médicament, la PrEP nécessite un suivi médical.

Pour prévenir de possibles effets indésirables que peut avoir ce médicament, des examens sont faits avant le début du traitement puis régulièrement.

Le suivi médical inclut des dépistages réguliers et systématiques du VIH et des autres IST (infections sexuellement transmissibles). Il ne faut surtout pas prendre la PrEP si on a été contaminé par le VIH, cela pourrait rendre le virus résistant au traitement et compliquer sa prise en charge.

Les centres de l’étude ANRS Prévenir proposent tous une rencontre avec des accompagnateurs (associatifs ou soignants) afin de pouvoir parler librement de sa sexualité ou poser des questions sur la PrEP. Leur rôle est de réfléchir, de façon individualisée et bienveillante, sans jamais émettre de jugement, avec la personne sous PrEP pour trouver ensemble la meilleure réponse possible aux questions qu’elle se pose sur ses pratiques sexuelles, sur la PrEP ou sur les autres outils de prévention.

Quelles sont les autres méthodes de prévention contre le VIH ?

Après un rapport potentiellement à risque, il est possible de se faire prescrire dans les heures qui suivent (maximum 48 heures) un traitement post exposition (TPE) dans un service d’urgences hospitalières, un service de maladies infectieuses ou un CeGIDD. Il faut consulter le plus vite possible, si possible dans les 4 heures.

Ce traitement est une trithérapie à prendre quotidiennement pendant 28 jours. En cas de contact avec le VIH, le TPE peut réduire le risque d’infection et empêcher le VIH de s’installer dans l’organisme.

Une personne séropositive qui prend quotidiennement son traitement anti-rétroviral et dont la charge virale (présence du virus dans le sang) est indétectable depuis plusieurs mois ne transmettra pas le virus à ses partenaires. C’est ce que l’on appelle le TasP (treatment as prevention) et ça permet de ne pas avoir à utiliser d’autres modes de prévention pour le VIH (ni préservatif, ni PrEP).

Enfin, faire régulièrement, et le plus souvent possible, des dépistages permet de connaître son statut sérologique et d’obtenir rapidement un traitement en cas de contamination.

Est-ce que la PrEP est vraiment efficace ?

Les études ANRS IPERGAY (France et Canada) et PROUD (Royaume-Uni) ont démontré une efficacité de 86%. C’est à dire que, pour les participants de ces essais, avoir accès à la PrEP réduisait de 7 fois le risque d’infection au VIH par rapport aux participants n’ayant pas accès à la PrEP.

Le suivi à long terme de l’essai ANRS IPERGAY a rapporté une efficacité encore plus élevée de 97%.

Quel est l’intérêt du préservatif face à la PrEP ?

Le préservatif est un excellent moyen de se protéger du VIH mais aussi des autres IST (infections sexuellement transmissibles).

La PrEP peut être utilisée en complément, en supplément ou en alternance avec le préservatif.

Si l’usage du préservatif est un frein dans la sexualité, c’est peut-être que vous n'utilisez pas le bon. Il faut en essayer d’autres ! Il y a des préservatifs de toutes sortes : avec ou sans latex, texturés, parfumés, en grandes ou petites tailles, de très faible épaisseur et également des préservatifs féminins (qui peuvent être aussi utilisés entre hommes).

Comment se transmettent les IST ?

Les IST suivantes peuvent toutes se trouver au niveau buccal, génital et anal :

SYPHILIS

Agent : une bactérie, le tréponème pâle (Treponema pallidum).

Transmission : fellation, cunnilingus, anulingus ou pénétration sans préservatif (y compris avec un doigt ou un sextoy), mais aussi par simple contact avec une zone infectée du corps.

BLENNORRAGIE

Agent : une bactérie, le gonocoque (Neisseria Gonorrhoeae).

Transmission : fellation, cunnilingus, anulingus ou pénétration sans préservatif (y compris avec un doigt ou un sextoy).

CHLAMYDIOSE

Agent : une bactérie, Chlamydiae trachomatis.

Transmission : fellation, cunnilingus, anulingus ou pénétration sans préservatif (y compris avec un doigt ou un sextoy).

HERPES

Agent : un virus, Herpes virus simplex type 1 et/ou 2

Transmission : fellation, cunnilingus, anulingus ou pénétration sans préservatif (y compris avec un doigt ou un sextoy) et aussi par contact avec les vésicules (boutons remplis de virus).

HPV / CONDYLOMES

Agent : les Papillomavirus humains (HPV), peuvent provoquer des lésions et des verrues sur la peau et/ou les muqueuses. Certains sont impliqués dans le développement de cancers.

Transmission : fellation, cunnilingus, anulingus et pénétration sans préservatif (y compris avec un doigt ou un sextoy) et par contact de la peau ou des muqueuses.

Il y a aussi les hépatites :

HÉPATITE A

Transmission : anulingus, fellation suite à une pénétration anale, coprophagie ou nourriture souillée par les selles. Un vaccin existe et est fortement recommandé.

HÉPATITE B

Transmission : pénétration sans préservatif et transmission sanguine (y compris en partageant sa paille quand on suiffe des drogues). Un vaccin existe et est fortement recommandé.

HÉPATITE C

Transmission : pénétration sans préservatif , utilisation de drogues intra nasales (par sniff) et slam (injection). Après une guérison (spontanée ou après traitement) il est possible de se contaminer à nouveau.

 

Il est nécessaire de se faire dépister régulièrement des IST, notamment par des prélèvements au niveau de l’anus, du vagin, de la gorge et avec des analyses d’urine. On peut être infecté par une IST sans avoir de symptôme et donc la transmettre sans le savoir.